
C’est par un pur hasard que je me retrouve ici ce soir, et que j’assiste, sans avoir aucunement chercher à le faire, au lever de la lune. Il y a quelques jours déjà qu’elle n’est plus pleine, mais elle est toujours aussi lumineuse, aussi majestueuse et son reflet qui scintille de mille éclats sur la mer accompagne les vagues qui viennent mourir sur le sable en bas de la falaise.
L’air chaud qui vient de l’est, l’odeur embaumante des fleurs et les rires de mes jeunes cousins me transportent dans un tourbillon vers un autre temps, une autre époque…
Le lieu lui ne change pas, je me revois enfant, couchée sur le dos, sur le carrelage humide de la terrasse, entourée de mes cousins, je ressens la caresse de chaque vague qui vient effleurer le rivage dans un murmure, j’entends nos rires d’enfants et nos effrayantes histoires de fantômes.
Je ne pouvais croire ceci possible, mais les frissons qui me parcourent le dos me font revenir à ce temps révolu, si lointain…j’ai de nouveau 10 ans et je suis là, avec tous les miens, le regard tourné vers le ciel où brillent des milliers d’étoiles qui se reflètent comme des diamants aux mille facettes dans nos yeux ébahis.
Je sens de nouveau l’odeur du jasmin et du musc, et jamais je n’ai été aussi heureuse que ce soir.
Je me rends compte au moment où j’écris ceci, que dans tous mes rêves, je n’ai cessé de repenser à ces instants où j’ai été si heureuse, que je n’ai jamais rêvé d’un autre ciel que celui que je regarde en ce moment même, car même si tout a une fin et que rien n’est éternel en ce bas monde, ce ciel lui ne changera pas de si tôt, ou du moins pas aussi vite que le cours même de ma vie qui me mène loin d’ici et qui m’y ramène aussi quelques fois.
Ce ciel inchangé me rassure et me réconforte car je le retrouve comme je l’ai toujours connu et je sais qu’ici mes bonheurs garderont toujours le même goût sucré de l’enfance et la même intensité.
Ici j’aurai toujours dix ans et je serai heureuse à jamais.
Moonya Août 2005


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